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  • Discours de l'APO 2026

    Plongez au cœur des interventions marquantes prononcées lors de l'édition 2026
    de l'Africa Political Outlook.

    Discours d'ouverture de l'Africa
    Political Outlook 2026

    Bruxelles, 27 mars 2026

    Discours d'ouverture de S.E. Gilbert F. Houngbo, Directeur Général de l'Organisation internationale du Travail

    Excellences, mesdames et messieurs,

    C'est un grand honneur de m'adresser au sommet de l'« Africa Political Outlook ». Le thème de cette année, « Les Forces du Futur », ne pourrait être plus opportun. Partout dans le monde, les sociétés sont remodelées par des forces puissantes : transitions démographiques, transformations technologiques, changement climatique et réalignements géopolitiques. En Afrique, ces forces convergent avec une intensité particulière et un potentiel extraordinaire.

    D'ici 2050, une personne sur quatre dans le monde sera africaine. Chaque année, entre 10 et 12 millions de jeunes femmes et d'hommes entrent sur le marché du travail, apportant avec eux leur énergie, leur ambition, leur créativité et leur résilience. Ce dynamisme démographique n'est pas un défi à gérer ; c'est une force d'avenir à mobiliser.

    Mais soyons clairs : le dividende démographique n'est pas automatique. Il n'est pas garanti par le simple poids des chiffres. Il ne devient un dividende que lorsqu'il y a des emplois — des emplois décents, des emplois productifs — des emplois qui offrent dignité, sécurité et opportunités. Aujourd'hui, la question n'est pas de savoir si la jeunesse africaine façonnera l'avenir. Elle le fera. La question est de savoir si cet avenir sera façonné par l'opportunité ou par la frustration.

    Gilbert F. Houngbo - APO 2026
    Gilbert F. Houngbo - APO 2026
    Gilbert F. Houngbo - APO 2026

    Parallèlement, nous entrons dans ce que j'appellerai l'ère du travail augmenté. L'intelligence artificielle, l'automatisation, les plateformes numériques, les technologies vertes — ces évolutions ne remplacent pas le travail ; elles le redéfinissent. L'avenir du travail ne sera pas l'homme contre la machine ; ce sera la capacité humaine amplifiée par la technologie.

    Pour l'Afrique, cela représente une opportunité historique car de nombreuses économies africaines ne sont pas entravées par des systèmes hérités du passé. Elles peuvent réaliser un saut technologique (« leapfrog »), en adoptant les outils numériques, en investissant dans les énergies renouvelables, en construisant des infrastructures intelligentes et en concevant de nouveaux modèles d'entreprise intégrant l'innovation dès le départ.

    Cependant, la technologie seule ne créera pas de prospérité inclusive. Nous devons investir dans trois piliers fondamentaux.

    Premièrement, les compétences. Les systèmes éducatifs doivent doter les jeunes non seulement de compétences technologiques, mais aussi d'une capacité d'adaptation, de résolution de problèmes et d'une culture numérique. L'apprentissage tout au long de la vie doit devenir la norme.

    Deuxièmement, les entreprises productives. Les petites et moyennes entreprises sont l'épine dorsale des économies africaines. Elles ont besoin d'un accès aux financements, aux infrastructures, aux marchés, ainsi qu'à des environnements réglementaires qui encouragent la formalisation et la croissance.

    Troisièmement, la protection sociale et les institutions du travail. Dans un monde en pleine transformation, la résilience est essentielle. Les travailleurs doivent bénéficier d'une protection contre les chocs. L'informalité ne doit pas être traitée par l'exclusion, mais par l'intégration dans des systèmes formels qui étendent les droits et les protections.

    Et n'oublions pas la transition verte. L'Afrique détient un vaste potentiel en énergies renouvelables : solaire, éolien, hydraulique. Le passage vers des économies durables peut générer des millions de nouveaux emplois s'il est géré comme une transition juste, garantissant que les travailleurs et les communautés soient soutenus.

    Dans cette ère du travail augmenté, l'Afrique peut se positionner non pas comme une simple spectatrice des tendances mondiales, mais comme un leader capable de les influencer. Mais le leadership exige une cohérence des politiques. Il exige des partenariats. Il exige des investissements — nationaux et internationaux. Il exige un multilatéralisme efficace.

    L'Organisation internationale du Travail est prête à poursuivre sa collaboration avec les gouvernements africains et les partenaires sociaux dans cette entreprise, par le biais de la coopération technique, des stratégies de compétences, du développement des entreprises, de l'élargissement de la protection sociale et du renforcement des institutions du marché du travail.

    Les forces du futur ne sont pas abstraites ; elles sont ici. Elles sont visibles chez chaque jeune entrepreneur qui lance une startup numérique, chez chaque agriculteur qui adopte des pratiques climato-intelligentes, chez chaque travailleur qui acquiert de nouvelles compétences pour s'adapter au changement technologique. L'avenir n'attendra pas, et l'ambition de l'Afrique ne le doit pas non plus.

    Le dividende démographique à l'ère du travail augmenté peut devenir une histoire de prospérité partagée si nous choisissons l'inclusion plutôt que l'exclusion, l'investissement plutôt que l'inertie, et la coopération plutôt que la fragmentation. La jeunesse africaine n'est pas simplement l'avenir du continent ; elle est une force qui façonne l'avenir du monde. Assurons-nous que cette force soit responsabilisée, protégée et équipée pour prospérer.

    Je vous remercie.

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    d'ouverture du Sommet de l'Africa Political Outlook 2026