Forces du futur : construire ensemble le Grand Réalignement
L'Afrique ne se définit plus aujourd'hui comme une terre de conquête, mais s'impose désormais comme l'architecte de sa propre destinée. Dans cette perspective, ce Grand Dialogue rassemble chefs de gouvernements, décideurs internationaux et partenaires stratégiques afin d'analyser les forces irréversibles qui recomposent la gouvernance, l'économie et la géopolitique mondiales. Les échanges entendent dépasser les paradigmes conventionnels de l'aide au développement pour opérer un changement de posture fondamental : substituer à la logique d'assistance une stratégie d'alignement avec les dynamiques de transformation du continent. S'appuyant sur des fondamentaux structurels majeurs — une puissance démographique (2 milliards d'actifs à l'horizon 2040), une position géostratégique incontournable (30% des réserves minérales mondiales) et une révolution numérique (plus de 615 millions d'utilisateurs mobiles) —, cette session pose une question centrale : comment convertir ces atouts en innovation institutionnelle, en partenariats équitables et en souveraineté partagée ? Ce Grand Dialogue fait converger ambitions économiques, légitimité politique, réalignement diplomatique et ruptures technologiques pour bâtir les cadres d'une prospérité endogène.
Les forces du plurilatéralisme : l'Afrique dans l'ère post-aide
Keynote d’ouverture : Les relations Europe-Afrique pour les 25 prochaines années
L'époque binaire des dynamiques donateurs-bénéficiaires est révolue. Alors que l'ordre mondial se fracture en alliances multipolaires, l'Afrique n'est plus un sujet passif de l'aide au développement mais un architecte actif du plurilatéralisme stratégique. Cette session explore comment le continent tire parti de son poids démographique et de sa souveraineté sur les ressources pour diversifier ses partenariats—du Nord global aux BRICS et au-delà—transformant l'« aide » en partenariats d'investissement compétitifs et à haute valeur ajoutée. Nous analyserons la transition vers une diplomatie transactionnelle et souveraine, où les nations africaines ne cherchent pas seulement de l'assistance mais négocient des propositions de valeur distinctes : transferts de technologie, intégration industrielle et coopération sécuritaire. En maîtrisant l'art du multi-alignement, l'Afrique réécrit les règles d'engagement, privilégiant l'intérêt national à l'alignement idéologique.
Thèmes clés :
Les forces de la spiritualité : l'Afrique, Dieu et nous
Keynote d'ouverture : Éducation, leadership, culture : transformer les mentalités en Afrique
Dans une époque marquée par une crise mondiale du sens, l'Afrique apparaît comme un épicentre spirituel unique où la foi reste un élément fondamental de la réalité sociale. Cette session transcende la théologie pour analyser la spiritualité en tant que « force du futur » décisive, vecteur puissant de cohésion sociale, de résilience économique et de mobilisation politique. Alors que le continent affirme son rôle dans le « Nouveau Sud », comment les institutions religieuses et les mouvements spirituels fonctionnent-ils comme des structures de gouvernance de facto, comblant les lacunes là où l'État se retire ? Nous explorerons le double aspect de cette vitalité spirituelle : son potentiel à agir comme stabilisateur et moteur de la « diplomatie de la foi », face aux risques d'instrumentalisation dans des paysages politiques polarisés. Au-delà du clivage entre laïcité et religion, ce panel examine comment les leaders africains peuvent exploiter cet immense « capital spirituel » pour promouvoir un humanisme typiquement africain.
Thèmes clés :
Les forces des ressources minières : garantir une exploitation responsable des ressources critiques africaines, éviter les pièges du passé
Keynote d'ouverture : Accélérer l'accès à l'énergie propre pour tous : comment mettre en place des projets verts bankables ?
La course mondiale aux minéraux critiques – lithium, cobalt, cuivre et terres rares – place l'Afrique au cœur même de la transition énergétique du XXIe siècle. Cependant, le continent se trouve à un carrefour délicat entre une opportunité industrielle historique et la récurrence de la « malédiction des ressources ». Ce panel va au-delà du discours habituel sur le « potentiel » pour aborder les réalités complexes de la chaîne de valeur. Alors que le monde a besoin des ressources africaines pour se décarboniser, comment les nations africaines peuvent-elles imposer un changement de paradigme, passant de la simple extraction à la transformation et à la valorisation locales ? Nous analyserons le nouveau pouvoir de négociation géopolitique des État africains, la faisabilité d'une « industrialisation verte » sur le continent et les cadres réglementaires nécessaires pour garantir que cette opportunité de 16 000 milliards de dollars renforce la richesse souveraine plutôt que d'aggraver les dépendances.
Thèmes clés :
Les forces de l'imagination : les industries numériques et créatives comme véritable politique
Keynote d'ouverture : « Nollynomics », tourisme, sport : le pouvoir du soft power africain
Les « forces de l'imagination », qui englobent le cinéma, la musique, la mode, les jeux vidéo et les contenus numériques, représentent l'une des catégories d'actifs les plus dynamiques du continent. De la domination mondiale de l'afrobeat à l'essor industriel de Nollywood (« Nollynomics ») en passant par le prestige des sports africains, le soft power du continent est déjà une réalité mondiale.
Pourtant, un paradoxe critique demeure : alors que la créativité africaine conquiert le monde, la valeur économique est trop souvent captée ailleurs. Cette session va au-delà de la célébration du talent pour aborder les mécanismes complexes des politiques et des stratégies industrielles.
Comment passer d'une « effervescence créative » informelle à une économie créative structurée et évolutive? Alors que les plateformes numériques réécrivent les règles de la distribution et de la monétisation, ce panel mettra au défi les décideurs politiques et les investisseurs de traiter les industries créatives et culturelles (ICC) non pas comme une activité secondaire, mais comme un pilier central des plans de développement nationaux, capable de stimuler fortement l'emploi des jeunes, de générer des devises et de redéfinir la souveraineté africaine à l'ère cognitive.
Thèmes clés :
ZLECAf, partenariats technologiques et souveraineté numérique
La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) représente bien plus qu'un simple accord commercial : c'est le levier institutionnel de l'Afrique pour l'intégration économique, l'industrialisation et l'autonomie stratégique dans une économie mondiale de plus en plus numérisée. Alors que le plus grand marché unique au monde en termes de pays membres devrait atteindre un pouvoir d'achat de 6 700 milliards de dollars d'ici 2030, le continent est confronté à une question déterminante : l'avenir numérique de l'Afrique sera-t-il construit selon les conditions africaines, ou restera-t-il lié à des dépendances technologiques externes qui compromettent la souveraineté et la capture de valeur ?
Ce conclave stratégique réunit des ministres, des leaders technologiques, des autorités de la concurrence et des négociateurs commerciaux afin d'examiner le lien entre l'intégration continentale et la souveraineté numérique. Avec plus de 615 millions d'utilisateurs mobiles, 1 000 milliards de dollars de transactions de paiement mobile par an et plus de 700 pôles technologiques stimulant l'innovation de Nairobi à Lagos, les forces technologiques de l'Afrique sont indéniables. Pourtant, les infrastructures essentielles (centres de données, plateformes cloud, algorithmes d'IA, chaînes d'approvisionnement en semi-conducteurs et réseaux de paiement numérique) restent largement contrôlées par des acteurs externes. Alors que la ZLECAf cherche à harmoniser les réglementations, à faciliter le commerce numérique transfrontalier et à accélérer les chaînes de valeur intra-africaines, cette table ronde explorera comment les partenariats technologiques peuvent être structurés pour faire progresser, et non compromettre, la souveraineté de l'Afrique, ses cadres de gouvernance des données et sa capacité d'innovation endogène.
Thèmes clés :
Structuration, financement et mise en œuvre des stratégies nationales de développement : des modèles qui produisent des résultats
Cette table ronde de haut niveau va au-delà du « quoi » pour se concentrer sans concession sur le « comment ». Elle comble le fossé critique entre l'ambition visionnaire et la mise en œuvre sur le terrain. En analysant les réussites des champions africains et de leurs homologues mondiaux, cette session décryptera l'« architecture de mise en œuvre » nécessaire pour transformer le potentiel démographique et structurel en prospérité tangible. Nous examinerons comment les nations reprennent le contrôle de leur souveraineté en matière de planification, débloquent des financements nationaux pour réduire leur dépendance et déploient des « unités de mise en œuvre » afin de garantir que l'exécution dépasse les cycles politiques.
Thèmes clés :
Investir dans l'économie bleue : ports, infrastructures maritimes et logistique au service de l'intégration continentale
Pendant des décennies, les infrastructures maritimes africaines ont été conçues selon une logique coloniale : extraire les ressources vers l'extérieur plutôt que de relier le continent à l'intérieur. Aujourd'hui, alors que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) crée le plus grand marché unique au monde, ce paradigme doit changer. Avec plus de 90 % des importations et des exportations africaines acheminées par voie maritime, les ports du continent ne sont plus seulement des points de transit ; ils sont les poumons souverains de son économie et les nœuds critiques de son industrialisation.
Cette table ronde abordera l'architecture géostratégique et financière de l'économie bleue africaine. Du financement des ports en eau profonde à l'amélioration de la connectivité de l'arrière-pays, cette session rassemble des décideurs politiques, des investisseurs et des géants des infrastructures afin d'élaborer un plan d'action pour un secteur maritime qui garantisse la souveraineté commerciale de l'Afrique.
Thèmes clés :
Les forces du futur : les voix du courage
Pendant des décennies, le monde a considéré l'Afrique à travers le prisme de ses déficits : ses lacunes en matière d'infrastructures, de stabilité ou de capitaux. Cette séance de clôture inverse la perspective. Nous ne nous réunissons pas pour solliciter de l'aide, mais pour tracer la trajectoire des forces de l'avenir – démographiques, technologiques, écologiques et culturelles – qui repositionnent structurellement l'Afrique comme le moteur du « Nouveau Sud ».
Cependant, les tendances structurelles ne garantissent pas à elles seules l'avenir. Transformer ces forces brutes en souveraineté tangible nécessite une nouvelle vertu politique : le Courage.