Plongez au cœur des interventions marquantes prononcées lors de l'édition 2026
de l'Africa Political Outlook.
Bruxelles, 27 mars 2026
Excellence Monsieur Adebisi Djogan, Fondateur et Directeur Général d’Africa Outlook,Ambassadeur Viviano Kansounou, Président du comité de pilotage d’Africa Outlook,excellences, mesdames et messieurs, en vos rangs et grades respectifs.
Permettez-moi tout d'abord d'adresser à chacune et chacun d'entre vous mes chaleureuses salutations depuis le siège de l'Union Africaine à Addis-Abeba, en République Fédérale et Démocratique d'Éthiopie. Je suis très honoré de prendre la parole à cette troisième édition de l’Africa Outlook dont les travaux se déroulent sous le thème : forces du futur.
Excellences, mesdames et messieurs, je voudrais maintenant partager mon avis sur le thème phare de cette troisième édition. Le choix de ce thème dévoile une préoccupation majeure. Au préalable, le présent de l'Afrique doit être dissocié de ses ambivalences intéressées, de ses ambiguïtés entretenues et des effets du double langage. Construire des forces positives d'un panafricanisme renouvelé appelle de notre part une réflexion toujours proactive. L’exigence d'une double lucidité géopolitique et géostratégique qui doit se décliner en actions concrètes qui impactent positivement la vie des populations africaines.
À ce titre, une radioscopie du présent apparaît comme un exercice préalable à l'identification des forces du futur. C'est d'abord d'un point de vue systémique qu'il convient d'analyser le présent de l'Afrique. Les effets de la déliquescence accélérée du tissu du multilatéralisme, assortis d'autres brutales mutations structurelles, dessinent une configuration géopolitique floue, saturée d'incertitudes qui réduit considérablement la marge de manœuvre de l'Afrique.
Malgré tout, dira-t-on, l'Afrique montre un niveau de résilience appréciable face aux différents chocs exogènes. Ce narratif de la résilience se nourrit à juste titre du taux de croissance de l'Afrique qui oscille entre 4,1 % en 2026 et 4,2 % en 2027, présentant le continent sous les couleurs flamboyantes de la deuxième région du monde en termes de dynamisme économique.
Mesdames et messieurs, imaginez donc le niveau auquel serait parvenu ce taux de croissance de l'Afrique, forte de ses ressources minières, ces terres rares universellement convoitées et des capacités technologiques appropriées pour les transformer localement. A contrario, ces richesses minières constituent encore et toujours un facteur de fragilité et de vulnérabilité de l'Afrique. L’appétence géostratégique des grandes puissances pour ces ressources et leurs rivalités créent des tensions et provoquent des crises. Pour cette raison, je pense que les relations avec nos partenaires gagneraient à reconsidérer cet aspect important, car la pauvreté endémique constitue le facteur d'instabilité politique et sociale par excellence.
Excellences, mesdames et messieurs, je voudrais conclure sur une observation. Le cadre conceptuel confère certes forme et consistance à l'action en aval. Cependant, des questions cruciales s'imposent d'elles-mêmes et méritent des réponses.
Je souhaite donc que cette préoccupation ne soit pas perdue de vue afin d'inscrire cette plateforme stratégique dans le temps long de l'histoire par des actions qui façonnent effectivement l'avenir de notre continent.